Campagne cotonnière 2023-2024: Le PDG de la CMDT rassure, les cotonculteurs menacent…

Campagne cotonnière 2023-2024: Le PDG de la CMDT rassure, les cotonculteurs menacent…

Les producteurs de coton au Mali se sont réunis, samedi 27 mai 2023 à la maison des jeunes de Bamako pour un meeting patriotique en vue de la relance de la filière cotonnière. L’occasion était bonne pour attirer l’attention des dirigeants de la CMDT sur les obstacles de la saison 2023-2024 notamment les usines de production d’huile et d’aliment bétail à l’arrêt pour manque de graine de coton ; l’indisponibilité des engrais à temps ; la fixation des prix de coton aux producteurs etc. En sommes, courant moi de juin, les cotonculteurs réclament 20 milliards de francs CFA, faute de quoi, la saison sera menacée.

Quelques jours après la tenue du conseil d’administration de la CMDT, certains producteurs de coton se sont réunis à la maison des jeunes pour un meeting patriotique. Pendant que le PDG de la CMDT rassure sur les dispositions prises pour la réussite de la campagne 2023-2024, les cotonculteurs menacent.

Sorry Ibrahima Traoré : « nous souhaitons que le coton soit acheté aux producteurs à 500FCFA car le prix sur le marché mondial de l’année dernière était plus de 1.500 FCFA. La CMDT nous doit 20 milliards de franc CFA. Si cette somme n’est pas disponible courant juin, la saison sera menacée ».

Selon Boubacar Sidiki Diabaté, secrétaire général de la fédération nationale des producteurs d’huile et d’aliment bétail, les usines sont aux arrêts faute de matières premières. Pourtant, la CMDT a perçu 37 milliards au titre de la vente par anticipation de la graine de coton et n’a pu livrer aux usines que les graines d’une valeur de 17 milliards. Malgré cette situation de disfonctionnement, les services d’impôt n’arrêtent pas de passer dans les usines.

A la date d’aujourd’hui, il existe 103 unités de production d’huile et d’aliment bétail qui emploient des milliers de personnes (salariés et non-salariés) pour produire environ 200.000 tonnes de tourteaux par an.

Les participants ont analysé les problèmes du secteur cotonnier du Mali. Selon Bakary clé Dembelé, la saison passée n’a pas comblé les attentes, c’est pourquoi, dit-il, le Mali a perdu sa place de premier pays africain producteur de coton.

Seydou Coulibaly, ex député et membre d’une coopérative, a souligné que l’insuffisance et l’indisponibilité des engrais au moment critique a aussi joué sur les résultats. Quant à Nènè Diallo, président du syndicat des producteurs de coton, l’immixtion de la politique dans la production du coton notamment à Koutiala en est une cause de la mauvaise production.

Bakary Togola, ex président de l’APCAM, explique qu’au début de la saison passée, les paysans ont reçu seulement 2,5 sacs d’engrais pour un hectare alors que la norme est 5 sacs par hectare.

Les participants demandent aux autorités de la transition de revoir les prix des engrais et de fixer un prix d’achat avantageux pour les producteurs. Le Front pour l’Emergence et le Renouveau- Mali (FER-Mali) demande aux autorités d’élever le prix du coton, de prendre en charge les crédits liés aux désastres naturels comme au Bénin et en Côte d’Ivoire, d’acheminer les intrants à temps et de reporter les conflits entre les producteurs à l’après saison des pluies.

Oumar Korkosse

Le Sage

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