Cantines scolaires, scolarisation des filles et Fonds National d’appui aux Collectivités Territoriales: Le diagnostic sans complaisance du Groupe de Suivi Budgétaire

Cantines scolaires, scolarisation des filles et Fonds National d’appui aux Collectivités Territoriales: Le diagnostic sans complaisance du Groupe de Suivi Budgétaire

Dans le cadre de la restitution de son rapport de suivi sur la mise en œuvre des politiques d’alimentations scolaires(ALISCO), de scolarisation des filles (SCOFI) et du Fonds National d’Appui aux Collectivités Territoriales (FNACT), le Groupe de Suivi Budgétaire ( GSB) en partenariat avec l’Union Européenne, a organisé le Vendredi 23 juin 2023 à l’hôtel international Olympe une rencontre de présentation de son rapport final.

Présenté par Oumar Bougoudogo Expert Fonds National d’appui aux Collectivités Territoriales (FNACT), le rapport couvre l’exercice 2020, 2021 et 2022 des politiques d’alimentation scolaire, de scolarisation des filles et du Fonds National d’ Appui aux Collectivités Territoriales et concerne 10 régions et le District de Bamako.
A ses dires, la vérification de la politique d’alimentation scolaire (ALISCO) a révélé tout comme en 2019, l’existence de 1. 574 écoles à cantines. Avant de préciser que sur ces 1574 écoles à cantines scolaires, seules 980 cantines sont fonctionnelles (soit 62%) contre 594 cantines non fonctionnelles.
Concernant le transfert des Fonds d’Alimentation scolaire par région en fonction de la taille des écoles et d’autres critères mis en avant par le Gouvernement à travers le Centre National de Cantine Scolaire (CNCE), il a précisé que la Direction Générale du Budget (DGB) sur une prévision totale de 5, 113 Milliard de FCFA, affirme avoir mise à disposition un montant de 989,852 millions de FCFA (au 31 octobre 2022) soit un taux d’exécution de 19,36%. Et de renchérir que les communes attestent n’avoir reçu sur ce montant que 954,045 millions de FCFA contre 549,630 millions de FCFA pour les comités de gestion scolaire (CGS).
S’agissant de l’épineuse question de la scolarisation des filles, M. Bougoudogo, a affirmé que sur un budget prévisionnel de 145 millions de FCFA, l’Etat a liquidé 144 millions de FCFA pour favoriser la scolarisation des filles. A l’en croire, les régions de Kayes, Sikasso et Koulikoro sont les premières bénéficiaires de cet accompagnement avec 14% pour les deux premières contre 12% pour la troisième. Les autres régions oscillent entre 4 et 9%.
Déplorant la non implication des chargés de scolarisation des filles ( SCOFI) dans la gestion de ces fonds mis à part la région de Mopti où ceux-ci affirment avoir reçu 13,5 millions pour des activités de SCOFI, il a fait savoir à l’assistance que sur un échantillon de 412 écoles, plus de 12000 filles étaient inscrites en 7ème année fondamentale de l’enseignement fondamental, avec 12.504 à la rentrée des classes contre 12 658 du passage des enquêteurs du Groupe de Suivi Budgétaire.
Pour ce qui est du transfert de ressources financières et du personnel aux collectivités territoriales, le présentateur du rapport estime que celui-ci demeure incomplet.
Mieux dira-t-il que les fonds globaux alloués aux investissements en faveur des collectivités sont passés de 17.66 milliards de FCFA à 14 612 milliards de FCA entre 2020 et 2022 en passant par 15.054 milliards de FCA en 2021 soit une diminution moyenne annuelle de 9% sur la période.
Comme recommandations, il a été demandé aux autorités centrales et locales, l’actualisation de la liste des écoles à cantines, la construction de réfectoire pour éviter que les enfants ne mangent à l’air libre , l’implication des services techniques régionaux pour mieux informer les collectivités sur la collecte d’information et la mise à la disposition des « fonds scofi » aux chargés de scolarisations au niveau des Centres d’Animation Pédagogiques ( CAP) etc….
Des échanges nourris ont suivi sa présentation. Lesquels ont permis aux participants d’être mieux édifiés sur les contours des thématiques développées dans le rapport.
Auparavant, après les mots de bienvenue du Maire délégué de la Commune V Sory Ibrahim Doumbia et du Président du Groupe de Suivi Budgétaire ( GSB) Tiemoko Sangaré, le représentant de l’Union Européenne, Mateusz Prorok, non moins chef d’équipe Gouvernance, Economie, Secteurs sociaux et Secteurs coopération à la Délégation de l’Union Européenne en République du Mali , avait insisté sur l’importance des politiques d’alimentation scolaire, de scolarisation de filles et d’appui aux collectivités, qui estime-t-il contribuera à renforcer l’éducation, la nutrition et impacteront sur le développement économique et social .
Alpha Sidiki Sangaré

Source: linvestigateur.net

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