MINUSMA : une fin sans gloire

MINUSMA : une fin sans gloire

Insécurité, stabilité ! Le tandem est bien posé pour se remémorer des raisons, il ya 10 ans, qui ont justifié l’intervention des casques bleus au Mali. Après une décennie de présence, couronnée de haut et de bas, sur l’aspect sécuritaire, raison ultime d’une présence, le passé reste bien présent. La mission n’a pas « accompli » sa mission. Devenue tel un mariage forcé, le Mali a demandé le divorce, qui a conduit à assener un carton rouge de déception, d’insatisfaction aux  casques bleus de l’O.n.u.  La Minusma au Mali, fin d’une mission impossible.

Créée en 2013, la mission Onusienne devait stabiliser un État menacé et effondré par la poussée djihadiste. La Minusma, depuis sa formulation des premières heures, avait comme mission de protéger les civils, contribuer à l’effort de guerre et de paix du Mali, stabiliser le pays. Alors que les autorités maliennes avaient sollicité le concours des Nations unies pour aider le pays à lutter contre les terroristes et n’ont eu de cesse de réclamer un mandat robuste pour la Minusma à cette fin. Peine perdue. Dialogue de sourds.

Une dizaine de bases ont ainsi investi le territoire national. Plus de 16 000 hommes engagés pour une mission complexe et incomprise dans ses fondements, dans laquelle, 174 casques bleus ont perdu la vie. On raconte que c’est la plus coûteuse de l’histoire des missions onusiennes.  Côté malien, les victimes civiles et militaires ainsi que les zones rouges sont incalculables. 

Ainsi sur le vivier sécuritaire, la quintessence d’une mission contestée, le constat est amer : la Mission onusienne n’a pas ‘’accompli’’ sa mission au Mali. Elle doit quitter le Mali d’ici le 31 décembre 2023 !  

 Les résultats escomptés ne sont pas au rendez vous. Le départ est donc acté. L’avenir sécuritaire est entre les mains des Maliens et des autorités militaires. Accompagner sereinement, à ne point s’y méprendre, le départ de la mission avec tact reste le défi imminent.  

 Car il s’agit d’organiser un retrait complexe et massif de 16 000 hommes  avec leurs équipements. 

Ousmane Tangara

Source: Le Challenger

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