Le Président Assimi GOÏTA lors de la réunion de l’OMVS : «Nous n’arrivons pas à faire de la navigation une réalité et notre potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité »

Le Président Assimi GOÏTA lors de la réunion de l’OMVS : «Nous n’arrivons pas à faire de la navigation une réalité et notre potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité »

Le mardi 18 juillet 2023, la XIXème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal) s’est tenue par visioconférence. Au cours de cette réunion par visioconférence, le Président de la Transition du Mali, le Colonel Assimi GOÏTA, Chef de l’Etat, a prononcé un discours dans lequel il indique que l’OMVS reste à la croisée des chemins. « Car cinquante ans, hormis la mise en service de quatre barrages, nous n’arrivons pas à faire de la navigation une réalité et notre potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité », a souligné le Président Assimi GOÏTA.

« Plus de trois années après la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenue en décembre 2019 à Bamako, nous voici réunis en mode virtuel, pour écrire une nouvelle page de la belle histoire de notre Organisme d’intégration, l’OMVS. Tout en vous remerciant de la confiance qui m’a été accordée, je voudrais à mon tour, vous faire le bilan de l’état d’avancement de nos activités depuis cette période, avant de passer le flambeau », a déclaré le Président Assimi GOÏTA.

Avant d’ajouter que depuis la session de 2019, l’Organisation fait face à de profondes crises dont la plus importante, liée à la pandémie à Covid-19 survenue en début 2020, a secoué l’économie mondiale et bouleversé la mise en œuvre des projets de l’OMVS.

Selon lui, le projet navigation qui avait fait l’objet de signature d’un contrat commercial en octobre 2019, est buté à quelques contraintes financières. Fort heureusement, dit-il, la Société de Gestion et d’Exploitation de la Navigation (SOGENAV) a su proposer un schéma alternatif de phasage des activités d’exécution du projet dont la première phase est basée sur une stratégie de navigation rapide qui vise à rendre navigable le fleuve Sénégal entre Saint-Louis et Ambidédi à partir de juin 2024.

« A cet effet, il importe de diligenter le financement de cette stratégie, assortie d’un coût de 35 milliards de FCFA (53 357 156 euros), en guise de preuve d’engagement aux yeux des partenaires qui ne tarderont pas, j’en suis certain, à joindre leurs efforts aux nôtres », a-t-il dit.

Il a fait savoir que le 03 décembre 2022, les quatre Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation avaient procédé à l’inauguration du troisième barrage hydroélectrique sur le site de Gouina. Ainsi après Manantali en 2002 et Félou en 2013, dit-il, Gouina vient rehausser la puissance installée de l’OMVS à 400 mégawatts, avec une puissance additionnelle de 140 mégawatts d’énergie propre et bon marché. « Vous conviendrez avec moi, au regard du tableau de mise en œuvre des projets structurants, que l’OMVS reste à la croisée des chemins. Car cinquante ans, hormis la mise en service de quatre barrages, nous n’arrivons pas à faire de la navigation une réalité et notre potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité.

Au regard de l’urgence de concrétisation des grands projets suscités, en raison des besoins pressants de nos populations en services de transport fluvial, d’énergie et de sécurité alimentaire, je demande au Haut-Commissariat d’accélérer l’étude d’élaboration, en cours, d’une stratégie de mobilisation de financements et sa mise en œuvre diligente », a déclaré le Colonel Assimi GOÏTA. Selon lui, de 1972 à nos jours, l’OMVS a inlassablement œuvré pour la sécurité alimentaire. C’est pourquoi, ajoute-t-il, d’importants moyens financiers du Projet de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PGIRE) ont été réservés au volet hydro-agricole, avec des appuis conséquents au secteur de la pêche continentale. « Notre bassin, à l’instar de bien d’autres espaces de bassins versants africains et d’ailleurs, subit de plein fouet les effets du changement climatique et de l’action anthropique.

Pour plus de résilience et d’adaptation à ces phénomènes, plusieurs efforts ont été consentis dont des cas d’études sur la vulnérabilité du bassin, des projets pilotes financés dans le cadre du PGIRE, ainsi que la préparation d’un «Plan d’Investissement Climatique » (PIC). Aussi, le Haut-Commissariat a organisé en juin 2023 à Dakar, une rencontre régionale de concertation sur la gestion des crues, qui a dégagé des pistes de solutions. Malgré les contraintes vécues, ce mandat a été marqué de hauts faits qui nous ont rendus encore plus fiers du chemin parcouru », a conclu le Président de la transition.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain

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