Selon l’Ambassadeur Cheick Sidi Diarra : ‘’Les partis politiques doivent se réveiller !’’

Selon l’Ambassadeur Cheick Sidi Diarra : ‘’Les partis politiques doivent se réveiller !’’

Dans sa tribune un ‘’Appel aux partis politiques’’ l’Ambassadeur Cheick Sidi Diarra les invite à se réveiller  et à prendre conscience qu’ils peuvent se structurer sans l’intervention des pouvoirs publics.

Les partis politiques, en plus du citoyen jouissant de ses droits civiques, sont les seuls sujets de droit reconnus par la Constitution de février 1992 pour “concourir à l’expression du suffrage” des électeurs.

Cette mission sacerdotale des partis politiques ainsi que celle consistant en l’éducation citoyenne semblent avoir été sacrifiées sur l’autel de la crise multidimensionnelle, qui les a affaiblis.

Les partis politiques sont sujets à la fracture interne. C’est une politique délibérée menée en particulier en direction des “grands partis” ayant une capacité de mobilisation de l’électorat.

Les partis politiques ont également été poussés dans une attitude d’apathie, d’inhibition parce que l’on a réussi à instiller dans le subconscient collectif que tous les maux dont la Nation malienne souffre sont le résultat de leurs turpitudes dans la gestion des affaires publiques depuis 1992.

Pire, on les a taxés d’être les pions de l’ancienne métropole, sa 5è colonne à abattre. Et ils n’ont jamais pu s’en défendre. En conséquence, les hauts responsables politiques se sont repliés par crainte d’actions judiciaires contre eux.

Ce repli a été aggravé par la suspension des subventions de l’Etat, les réduisant à leur portion congrue. Désormais un boulevard est ouvert devant des aventuriers de toutes sortes, venus de nulle part, sans pedigree ni aucune référence ni nationale ni internationale. Les partis politiques doivent se réveiller !

Ils doivent dépasser leurs divisions internes et les scories, dont on les rend responsables pour reprendre la place centrale qui est la leur dans la recherche de solutions à la crise et redevenir des forces de propositions.

‘’Préserver leur indépendance d’analyse et de proposition “

A mon humble avis cela passe par certains préalables:

1- Les partis doivent prendre conscience qu’ils peuvent se structurer entre eux sans l’intervention des pouvoirs publics;

2- Toutes les solutions à nos problèmes ne doivent pas nécessairement émaner des autorités non plus. Les partis politiques peuvent y contribuer grandement;

3- Les partis doivent avoir conscience qu’au-delà de leurs rivalités, ils ont tous en commun la mission d’offrir un cadre de recherche de solutions aux préoccupations des citoyens.

Me basant sur ces préalables, je veux lancer un cri de coeur pour que les partis politiques sortent de leur torpeur pour se retrouver autour d’un “dénominateur minimum commun”.

Pour ce faire, je propose de créer un “cadre de concertation inter-partis” pour définir ensemble ce “dénominateur minimum commun” et statuer sur ces questions pour convenir de “propositions consensuelles” à soumettre à l’attention des autorités ou bien en faire un programme commun à faire prendre en compte par toutes les parties prenantes. L’autorité publique ne doit pas être impliquée dans la structure dans un premier temps, parce qu’il existe déjà un cadre de concertation entre l’Etat et les partis politiques.

Les partis politiques s’organiseront pour faire de ce cadre de concertation un cadre permanent. Ce cadre permettra d’harmoniser leurs positions avant de les soumettre à l’autorité.

Il ne devrait pas basculer dans l’opposition, mais doit préserver son indépendance d’analyse et de proposition. Ils seront plus représentatifs s’ils parlent de manière harmonisée sur les sujets d’intérêt commun.

Le cadre comprendrait un segment politique de haut niveau composé des chefs des partis, et un segment technique, qui approfondirait la réflexion technique sur les questions d’intérêt commun identifiées par les chefs de partis.

Le travail devrait porter sur les défis actuels et ceux qui se profilent.

Les solutions offertes doivent être opérationnelles et pratiques. Une structure d’alerte précoce pourrait être mise en place pour prendre en charge les menaces à la stabilité et faire des propositions.

Le rôle premier dans cet exercice devrait, à mon avis, être assumé par les partis politiques qui ont de la profondeur dans leurs capacités d’analyse stratégique.

En conclusion, les partis politiques ne doivent pas attendre que l’on finisse de les achever. Ils doivent dépasser la torpeur et l’inhibition pour s’assumer et prendre toutes les responsabilités que la Constitution leur a confiées.

J’ai écrit ceci et je l’offre comme contribution au débat.

Cheick Sidi Diarra

kelendji2@gmail.com

Source: Le Challenger

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