Administration publique malienne : Ce qui va changer avec l’application de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption

Administration publique malienne : Ce qui va changer avec l’application de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption

La persistance de la lutte contre la corruption au Mali demeure un défi majeur malgré les initiatives passées visant à la contenir. Dans ce contexte, le Ministère de la Refondation de l’État a développé une réponse décisive. Il s’agit de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption accompagnée de son Plan d’Actions 2023-2027. Cette initiative vise à amplifier les efforts entrepris pour contrer ce fléau, dont les conséquences nuisibles continuent de miner le pays et son économie.

Tout comme d’autres nations en développement, le Mali est confronté à une corruption endémique qui entrave sa progression économique et sociale. Bien que le pays ait adhéré à divers accords légaux internationaux et régionaux pour combattre ce phénomène, et qu’il ait établi des mécanismes de contrôle et de répression, l’impact reste limité.

La Convention des Nations Unies contre la Corruption du 9 décembre 2003 constitue l’une de ces mesures. Celle-ci enjoint les États parties à élaborer et à mettre en œuvre des politiques préventives coordonnées, impliquant la société civile, et à refléter les principes de l’État de droit, de la gouvernance transparente, de l’intégrité, de la transparence et de la responsabilité.

Cependant, l’absence de mesures concrètes pour contrer ce fléau peut avoir des conséquences graves comme la dilapidation de ressources financières, un frein à la croissance économique, une hausse des coûts transactionnels, la détérioration des services publics et la création d’un climat d’insécurité généralisée.

Face à ces enjeux, le Conseil des Ministres a examiné, lors de sa réunion du 23 août 2023, la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption et son Plan d’Actions 2023-2027. Cette stratégie émerge comme une réponse cruciale aux carences identifiées, notamment l’absence de stratégie formelle, le bilan modeste en matière de répression, les condamnations et les recouvrements rares, les privilèges juridictionnels accordés à certains agents publics, les immunités et l’absence de mécanismes de protection pour les lanceurs d’alerte.

Pour pallier ces faiblesses, les Autorités de la Transition ont placé la lutte contre la corruption au cœur de la refondation de l’État. La Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption se positionne comme un instrument essentiel dans cette démarche. S’inscrivant dans la continuité du Plan d’Action du Gouvernement de Transition et des recommandations des Assises nationales de la Refondation, elle vise à instaurer une bonne gouvernance en luttant de manière effective contre la corruption et l’impunité sous toutes leurs formes.

Cette stratégie repose sur quatre axes majeurs. Parmi lesquelles la réforme de la gouvernance, la prévention de la corruption, la répression et la réparation des méfaits, ainsi que la communication. Elle ambitionne de doter le Mali de mécanismes opérationnels et efficaces pour combattre la corruption, tout en promouvant une gouvernance qui respecte les droits de l’homme et les principes éthiques et transparents. La mise en œuvre de cette stratégie sera orchestrée via des plans d’action, le premier couvrant la période 2023-2027 et financé par l’État et ses partenaires.

En somme, la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption et son Plan d’Actions 2023-2027 incarnent une réponse proactive et ciblée à la problématique de la corruption au Mali. Elles s’inscrivent dans une perspective élargie de la refondation de l’État et de la promotion d’une gouvernance à la fois responsable et transparente. Ces mesures apparaissent comme des outils  importants dans la transformation attendue de l’administration publique malienne.

Coulibaly A

Mali24.info

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