Opération carte biométrique « sécurisée » : La montagne n’a-t-elle pas accouché d’une souris ?

Opération carte biométrique « sécurisée » : La montagne n’a-t-elle pas accouché d’une souris ?

Ce n’est pas fort de dire que l’opération des cartes biométriques sécurisées n’a pas du tout répondu aux attentes des bénéficiaires tant des erreurs sont revenus sur lesdites cartes.    

Depuis près d’une année, les autorités maliennes ont décidé de donner à chaque malien, une carte d’identité biométrique sécurisée en remplacement de la carte d’identité nationale et la carte Nina.

Le fichier sur lequel le travail de la carte biométrique sécurisée se fait est celui qui a servi à la confection des cartes Nina. En d’autre terme, pour être dans les donnés Biométriques, il faut nécessairement que le demandeur fasse le circuit du Nina. Or, il s’avère que de nombreuses carte Nina, voir la plus part ou du moins le « fichier Nina » comporte beaucoup d’erreurs. Ces anomalies ont trait soit au nom ou au prénom mal écrit, au lieu et la date de naissance ou encore la profession incorrecte. Pour le dernier cas, beaucoup ont changé de statut. A titre d’exemple s’il y a 10 ans certains étaient étudiants ou élèves, ou encore employé de commerce, aujourd’hui, ils occupent d’autres fonctions.

Selon les donnés du ministère de la Sécurité intérieur, ces erreurs ou corrections devraient être apportés quant il s’agira de faire la carte biométrique sécurisée. Pour ce faire, des équipes ont été pourtant déployées dans les commissariats pour les corrections y compris la prise de nouvelle photo d’identité. D’autres ont apportés des corrections via internet.

Il était vraiment attendu des cartes dépourvues de toutes erreurs mais hélas !  La montagne a accouché d’une souris pour ne pas dire que «l’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé» comme le chante Tiken Jah Fakoly, le célébre musicien de reggae. Les cartes biométriques dites sécurisées ne semblent pas l’être, puisqu’elles ne répondent en rien à ce que le ministre de la Sécurité avait annoncé lors du lancement. C’est les mêmes erreurs qu’avec la carte Nina. Comment voulez vous qu’une personne qui a  tous ses autres documents où s’est écrit « ingénieur » de profession puisse se présenter dans une banque avec une carte « Etudiant » ? Est-ce que cette incohérence pourrait passer ?

L’équipe de confection des cartes a-t-elle délibérément fait fi des corrections apportées par la commission ? Nous pouvons répondre par l’affirmatif. Cette façon de travailler ne rend-t-il pas la carte biométrique dite sécurisée,  inutilisable ? En sommes ce sont des millions de F CFA qui sont partis en fumée.

Apparemment, le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, le Colonel Abdoulaye Maïga et celui de la Sécurité et de la Protection civile, le général de Brigade, Daoud Aly Mohammedine n’ont semblent-t-ils pas mesuré la gravité du travail à moitié fait dans la confection des cartes biométriques. On a l’impression que le seul objectif est de tirer des cartes pour d’autres fins outre que de révéler la vraie identité des détenteurs.

La question qui taraude les esprits est de savoir si un dispositif est déjà mis en place pour reprendre les cartes contenant les erreurs qui ne pourraient pas passer ? Si ce n’est pas le cas, l’opération cartes biométriques « sécurisée » est un fiasco.

Djibril Diallo

Source: Arc en ciel

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