Tribune de l’ONU : Le ministre Diop dénonce les manœuvres de déstabilisation du Mali et du sahel par la France

Tribune de l’ONU : Le ministre Diop dénonce les manœuvres de déstabilisation du Mali et du sahel par la France

C’est le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui a porté, samedi dernier, la voix du Mali à la tribune de la 78è session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. À cette occasion, Abdoulaye Diop a brossé la situation du Mali marquée par des attaques terroristes en complicité avec des puissances étrangères, particulièrement la France.

Il a aussi exprimé la vision du gouvernement par rapport à la paix et au développement au Mali et dans le Sahel

Comme ces dernières années, le discours du représentant du Mali s’est focalisé sur la situation sécuritaire dans le pays et dans le Sahel. Pour Abdoulaye Diop, la paix et la sécurité restent la priorité pour les populations du Mali et du Sahel, après plus d’une décennie de violences aux conséquences particulièrement dévastatrices. Pourtant, cette région était connue comme un havre de paix, de cohésion sociale et de vivre ensemble entre les communautés qui la composent.

«Pour sa part, le Mali a décidé de changer de paradigme et de prendre son destin en main. Ainsi, au plan sécuritaire, le Mali a accordé la priorité au renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité maliennes, afin de leur permettre de s’acquitter de leurs missions régaliennes de défense du territoire national et de protection des populations et des biens», a-t-il déclaré, précisant que le peuple malien a repris confiance aujourd’hui dans son outil de défense et les populations sont encouragées par les résultats engrangés dans la lutte contre les groupes armés terroristes et leurs sponsors étatiques étrangers.

Comme le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga en 2021 et le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga en 2022, le chef de la diplomatie malienne a pointé du doigt la responsabilité de la France dans la dégradation de la situation sécuritaire au Mali et dans le Sahel. « Il y a lieu de rappeler que le 15 août 2022, le gouvernement du Mali avait alerté le Conseil de sécurité sur les actes d’hostilité et d’agression de la France. Au lieu de cesser ces agissements, ce pays, membre permanent du Conseil de sécurité, continue, en toute impunité, ses manœuvres de déstabilisation du Mali et du Sahel, comme en témoigne la récente libération de terroristes dans la zone des trois frontières du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en dehors de tout cadre judiciaire et à l’insu des États concernés, pour perpétrer plus d’actions terroristes contre nos populations civiles et nos Forces de défense et de sécurité», a-t-il dénoncé.

Les actes hostiles de la France, a fait remarquer le ministre Diop, s’illustrent également par ses interventions intempestives et illégales pour retarde, voire empêcher le traitement de nos demandes de financement dans plusieurs institutions financières sous-régionales, régionales et internationales. Le même pays tente, et parfois parvient malheureusement à instrumentaliser des organisations sous- régionales africaines, opposant des pays frères les uns aux autres, uniquement pour ses intérêts géopolitiques, dans une démarche néocoloniale et paternaliste, a-t-il regretté.

ÉLECTIONS GÉNÉRALES DANS LES PROCHAINS MOIS- Notre pays, a indiqué Abdoulaye Diop, est conscient du fait que l’action militaire seule ne suffit pas pour enrayer de manière durable les défis complexes liés au terrorisme et à certaines problématiques de la gouvernance du pays. C’est la raison pour laquelle le gouvernement s’est doté d’une stratégie intégrée, qui comprend les réformes politiques et institutionnelles, le volet développement, la prise en compte des préoccupations spécifiques de la jeunesse, des femmes, y compris l’emploi et leur représentation dans les instances de décision aux niveaux local et national.

Pour créer les conditions permettant de réaliser les aspirations profondes des populations maliennes au changement, le gouvernement s’est engagé dans la mise en œuvre de réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la refondation de l’État. Participe de cette dynamique, l’organisation réussie, le 18 juin 2023, du référendum sur la nouvelle Constitution du Mali, adoptée à plus de 96%. Sa promulgation par le chef de l’État, le 22 juillet 2023, consacre l’avènement de la IVè République du Mali.

Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, en passant ce cap, le gouvernement donne le gage d’une volonté réelle pour le retour à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé, y compris l’organisation, dans les tout-prochains mois, des élections générales.

Par rapport à la Minusma, le ministre Diop dira qu’après dix ans de présence dans mon pays, celle-ci n’a pas été à la hauteur des menaces. « Durant sa présence sur le territoire national, la situation sécuritaire au Mali n’a fait que se dégrader. L’insécurité, qui était cantonnée dans les régions du Nord du Mali, au moment de son déploiement en 2013, a atteint les régions du Centre et du Sud. Cette propagation de l’insécurité est, fort heureusement, en cours de fléchissement grâce aux succès indéniables remportés sur le terrain par les Forces armées maliennes, malgré les défis inhérents à ce type d’opérations », a-t-il relevé.

Pour Abdoulaye Diop, le gouvernement travaille avec la Minusma en vue de son retrait ordonné, coordonné et sécurisé du Mali, et ce, dans le délai imparti du 31 décembre 2023, conformément aux dispositions de la résolution 2690 du 30 juin 2023 du Conseil de sécurité. Le gouvernement de la République du Mali n’envisage pas de proroger ce délai, a-t-il insisté.

Toutefois, le chef de la diplomatie malienne précisera que le retrait de la Minusma ne signifie pas la fin de la coopération entre l’Organisation des Nations unies et la République du Mali. Il a aussi souligné que dans une dynamique d’appropriation nationale, le gouvernement s’attèle à poursuivre la mise en œuvre efficiente et intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger avec nos frères des mouvements signataires qui le souhaitent. « Nous nous réjouissons du chemin déjà parcouru depuis la signature de l’Accord en 2015, y compris l’adoption de la nouvelle Constitution qui prend en charge plusieurs dispositions de l’Accord », a-t-il dit.

Face à la persistance de la menace terroriste, le ministre Diop a déclaré que le gouvernement est plus que jamais déterminé à exercer sa souveraineté, asseoir son autorité, toute son autorité sur l’ensemble du territoire national. « Face aux attaques obscurantistes, l’offensive des Forces de défense et de sécurité se poursuivra et la riposte sera immédiate et ferme. C’était le cas récemment à Bourem où nos vaillants soldats ont repoussé une attaque de ces bandes criminelles et obscurantistes, en leur infligeant des pertes substantielles», a-t-il relevé.

SOLIDARITÉ AGISSANTE DE LA RUSSIE- Sur le plan sous-régional, régional et international, le chef de la diplomatie malienne qui s’est également exprimé à la tribune de l’ONU au nom du chef de l’État du Niger, le général de brigade Abdourahamane Tiani empêché de se rendre à New York, notera que le Mali réitère sa solidarité et son soutien total au gouvernement et au peuple frère de ce pays voisin. Estimant que toute agression de la part de la Cedeao contre le Niger sera désastreuse pour toute la région, Abdoulaye Diop a rappelé le cas de la Libye par l’OTAN en 2011, soutenu par l’ONU.

Par ailleurs, Abdoulaye Diop a indiqué que dans la mise en œuvre de la vision du chef de l’état pour l’émergence d’un Mali nouveau, libéré de toute domination extérieure, le gouvernement est honoré de compter sur des partenaires sincères, sur des pays qui valorisent les relations d’égal à égal dans le respect mutuel. À cet égard, il a adressé une mention spéciale à la Fédération de Russie pour sa solidarité agissante et son engagement fiable, tant sur le plan bilatéral que multilatéral.

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