MINGA S. Siddick, auteur de « Le père du lion était un chien ou les ombres du pouvoir »

MINGA S. Siddick, auteur de « Le père du lion était un chien ou les ombres du pouvoir »

« Je soutiens les coups d’État qui peuvent permettre aux pays africains d’accéder… »

« Loin de moi l’idée de faire l’apologie des coups d’État, mais je soutiens les coups d’État qui peuvent permettre aux pays africains d’accéder à leur vraie indépendance et à leur pleine souveraineté. » Ces propos sont de M. Minga s. Siddick, enseignant, journaliste indépendant et écrivain, auteur du roman intitulé  »Le père du lion était un chien ou les ombres du pouvoir », publié en août dernier aux Éditions Bandama à Bamako. C’était le jeudi 28 septembre 2023, au restaurant ‘’La Pirogue’’ sis à l’ACI 2000, lors de l’enregistrement de l’émission littéraire mensuelle  »Le train littéraire’’ de la chaîne de télévision ‘’Le Djoliba TV ‘’.

 Tout a commencé avec la lecture par le journaliste de la biographie de l’écrivain du jour, pour planter le décor. Ainsi, M. Minga S. Siddick est un ivoirien qui réside au Mali depuis 2002. En plus de ses activités de journaliste indépendant et d’enseignant, est le président-fondateur d’une association culturelle appelée Écritures des Suds dont l’objectif principal est la promotion de la lecture et de l’écriture dans les milieux scolaire et universitaire, à travers des week-ends d’écriture et des séances de lecture publique à domicile.

Pourquoi  »Le père du lion était un chien » ?

A cette question, l’auteur a expliqué qu’il s’agit d’un titre métaphorique qui s’inspire de l’histoire du texte elle-même car, il est question d’un homme qui profitait de son rang au sommet du pouvoir pour  brimer, humilier et tuer impunément tous ceux qu’il estimait être contre son ascension sociale mais qui, à l’issue d’un coup d’État, va être confronté à des situations qui vont lui faire prendre conscience de la vie jusqu’à ramasser un enfant dont il avait refusé la paternité de la grossesse et qui va s’imposer comme un lion. « Le chien ici symbolise l’irréflexion, le pouvoir de l’instinct, la bestialité tandis que le lion est le symbole du charisme, de la force mentale, du pouvoir », a précisé l’auteur.

Les thématiques développées dans le roman

L’auteur a aussi clairement expliqué que son roman est une œuvre à clef et qu’on peut en faire la lecture en ne prenant en compte que sa dimension littéraire pour ne retenir que l’histoire du militaire méchant qui chute et qui passe par des difficultés pour payer les factures de sa méchanceté à travers des métaphores, des ellipses, des paraboles ; on peut faire une lecture au niveau philosophique et là on trouvera les thématiques liées au pouvoir, au destin, à la relation à Dieu, à la conscience humaine, etc. ; enfin, on peut aller au troisième niveau de compréhension du livre qui est spirituel et qui s’intéresse donc à la quête de la connaissance, au parcours initiatique d’un matérialiste qui finit par accéder au seuil d’une certaine divinité.

Les coups d’État défendus par l’auteur ?

À lire ce roman, on a l’impression que l’auteur est en faveur des coups d’État militaires. Il s’en défend : « Quand dans un pays mal gouverné, les populations qui se lèvent pour crier leurs mécontentements, leur ras-le-bol, sont battues, insultées, abattues parfois, il est salutaire que des militaires interviennent pour arrêter le massacre. Et quand ces militaires vont plus loin en cherchant à couper le cordon ombilical qui lie les pays africains aux pays colonisateurs, on peut applaudir ce coup d’État. Loin de moi l’idée de faire l’apologie des coups d’État mais je soutiens les coups d’État qui peuvent permettre aux pays africains d’accéder à leur vraie indépendance et à leur pleine souveraineté. »

En définitive, l’émission Le train littéraire du mois de septembre a été un grand moment d’immersion littéraire et de partage dans une ambiance joyeuse avec un écrivain qui maîtrisait son sujet.

Il faut préciser que Minga S. Siddick dit avoir écrit les deux premières parties du roman (La mort et La résurrection) entre 1984 et 1987 et que la dernière partie (L’espérance) a été fortement inspirée par les  derniers coups d’État au Mali (mai 2021) et au Burkina Faso (septembre 2022).

On ne peut que souhaiter bon vent à cette œuvre de belle facture qui fera certainement beaucoup parler d’elle et de son auteur.

Amadou KODIO

Source : Ziré

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